Assez de leur crise – retour vers notre futur!

Share this material

Dans le contexte des élections européennes du mois de mai 2014, l’Europe se trouve encore et toujours au centre d’une crise déclenchée par des spéculateurs financiers insouciants. Les institutions européennes n’ont pas réussi à éliminer la cause de la crise économique qui a suivi et au lieu de cela, ont plutôt mis en place des ‘mesures d’austérité’ qui ont sabré les budgets, découragé les investisseurs et causé des difficultés sociales sur l’ensemble du continent. Par conséquent, la croissance économique est faible et la situation sur le marché de l’emploi européen reste désastreuse. La jeune génération paie tout particulièrement le prix d’une crise qu’ils n’ont pas causée : les jeunes travailleurs seraient deux, voire trois fois plus touchés par le chômage que toute autre tranche d’âge. Même si les différents pays sont touchés dans des mesures différentes, la tendance reste indéniable. A une époque où le taux de chômage en Europe atteint un niveau historique d’environ 11%, la moyenne européenne du chômage des jeunes est plus de deux fois supérieure et atteint parfois presque 60% dans certains pays (par exemple en Grèce: 57.3% ou en Espagne: 56%). Le bien-être et les moyens de subsistance d’une génération entière sont sévèrement mis en péril.

En effet, au lieu de réformer un système économique et financier défaillant en investissant dans des emplois durables et de qualité qui offrent une perspective aux jeunes, les gouvernements européens ont mis la pression sur les salaires et les conditions de travail en voulant apporter une solution miracle. L’unique réponse de l’Union européenne jusqu’à présent a été la création de la « Garantie européenne pour la jeunesse » – une assurance selon laquelle chaque travailleur en dessous de 25 ans qui arrive sur le marché de l’emploi recevra une offre concrète d’emploi ou de formation dans les 4 mois. Le concept paraît intéressant sur papier mais est désespérément sous-financé et doit encore faire ses preuves. A peine 6 milliards d’euros ont été provisionnés au cours d’une période de sept ans, alors que l’Organisation internationale du travail (OIT) estime que le coût de la mise en place d’une Garantie européenne pour la jeunesse efficace devrait atteindre 21 milliards par an. La perte économique actuelle au sein de l’UE d’avoir 7,5 millions de jeunes sans emploi ou sans formation ou éducation est estimée à plus de 150 milliards par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail. Jusqu’à aujourd’hui, les banques ont reçu plus de 160 milliards d’euros. Les victimes de la crise ne perçoivent que de la petite monnaie alors que les contrevenants reçoivent quant à eux les clés du coffre.

Notre avenir est en jeu et il n’est pas à vendre ! Les organisations de jeunes des fédérations syndicales européennes sont unies dans leurs revendications pour une action immédiate de la part des décideurs politiques européens. Nous sommes d’accord que :

La création d’emplois de qualité doit être la priorité absolue du Parlement européen et de la Commission européenne nouvellement élus !
Les jeunes sont constamment confrontés à la menace du chômage ou à des conditions de travail précaires lorsqu’ils entament leurs vies professionnelles, en sortant de l’université, de l’enseignement supérieur, en terminant un stage ou même encore après. Dès leur arrivée sur le marché de l’emploi, le droit des jeunes de pouvoir bénéficier des emplois de qualité et des conditions de travail équitables et respectueuses doit être maintenu. Nous méritons des opportunités pour la progression de l’emploi et des moyens de subsistance décents au lieu d’une incertitude permanente et des salaires qui ne permettent pas de payer les factures.

Le respect des accords conclus par les partenaires sociaux !
Un dialogue social constructif garantit l’emploi. Des partenariats sociaux solides constituent une compétence essentielle du marché de l’emploi européen. Les partenaires sociaux ont un rôle primordial à jouer dans l’intégration des jeunes travailleurs au sein du marché de l’emploi. Les institutions européennes doivent d’une part soutenir activement les partenaires sociaux dans leur rôle et d’autre part se garder de bloquer les accords conclus entre les partenaires sociaux.

La mobilité doit être un choix et non une nécessité pour trouver un emploi !
La liberté de mouvement est une des plus grandes réalisations de l’Union européenne. Toutefois, la cohésion sociale au sein des Etats membres de l’UE doit être favorisée avant d’accepter qu’il y ait des vainqueurs et des perdants dans la course aux travailleurs qualifiés. Bon nombre de jeunes qualifiés sont obligés d’aller chercher un emploi hors de l’UE, délaissant leur pays d’origine, abandonnant leurs familles et laissant un vide en termes de qualifications au sein de l’UE. Tout citoyen européen devrait pouvoir avoir la possibilité de trouver un emploi décent dans son pays d’origine.

Arrêtons le travail précaire !
Les jeunes travailleurs – tout particulièrement les femmes et les travailleurs migrants – sont anormalement et de façon inacceptable confrontés à des formes d’emplois précaires ; ils sont également souvent pris au piège d’un cercle vicieux d’emplois et de stages menant à une impasse, mal payés, à durée déterminée et mal protégés. Alors que les entreprises stimulent leurs bénéfices, les coûts économiques de l’augmentation du travail précaire pour l’UE sont énormes et affaiblissent la sécurité sociale publique ainsi que les systèmes de soins de santé et mettent également en danger le modèle social européen.

L’accès à l’éducation et à la formation constitue un droit universel qui ne devrait pas dépendre des moyens financiers de chacun !
Les besoins en matière de qualification du marché de l’emploi changent plus rapidement que l’âge de la mondialisation. L’accès aux programmes d’apprentissage tout au long de la vie et à l’enseignement supérieur doivent dépendre des qualifications de chacun et non de la possibilité ou non de quelqu’un à les payer. L’attractivité de l’Union européenne en termes de localisation pour l’industrie dépend en grande partie de la qualification de sa main-d’œuvre. Le potentiel de l’Europe en matière d’innovation ne peut être entièrement utilisé qu’en investissant dans la formation des travailleurs.

Le recrutement des jeunes doit rester un élément essentiel des négociations collectives !
Les syndicats ont une responsabilité particulière qui consiste à relayer la voix de ceux qui se battent pour être entendus. Nous faisons appel à nos partenaires sociaux pour inclure le thème de la création d’emplois de qualité pour les jeunes travailleurs en tant que priorité dans les négociations de conventions collectives.

Les stages sont destinés à se former pendant une durée déterminée, pas pour la vie!
Les jeunes travailleurs ne représentent pas une main d’œuvre temporaire à bas coût; les stages précaires ne sont pas destinés à remplacer des emplois de qualité et à durée indéterminée. Les stages doivent être un moyen d’arriver à un travail décent, et ne doivent pas être une fin en soi.

L’investissement dans des nouvelles technologies nécessite des investissements dans des nouvelles qualifications!
Les technologies de l’information et de la communication en pleine mutation ainsi que les technologies d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques offrent un potentiel énorme en termes de croissance et d’améliorations sociales ; afin de rester compétitifs, l’économie européenne doit se préparer à investir dans la qualification de sa main-d’œuvre en temps utile. En outre, l’Europe doit offrir des qualifications aux jeunes – sa main-d’œuvre future – pour qu’ils puissent s’attaquer de façon judicieuse aux changements radicaux qui pourraient transformer les économies et les sociétés en Europe comme conséquence du changement climatique.

If you have questions or wish to send in an article, please use the Contact Us page.

Contactez-nous